Dr. Animula
@Animula_tenera
Fri Dec 21 09:18:34 +0000 2018

Aujourd’hui, petite anecdote sur le recrutement des ITA au CNRS. Un ami ingénieur a passé un concours pour un poste de titulaire qui s’était ouvert dans mon labo. Il n’a pas eu le poste et a été mis sur liste complémentaire.

Hier, il reçoit un mail du CNRS lui disant qu’un poste d’ingé s’est ouvert à 500km de chez lui. Aucune information sur le poste car la fiche de poste est sur un lien mort. Il ne connaît personne de ce labo pour se renseigner. Début du contrat le 2 Janvier.

Le CNRS lui indique que vu sa place maintenant dans la liste, il est premier et il a 48h pour choisir. Quasi tous les chercheurs viennent de lui tomber dessus en disant que c’était « la chance de sa vie et que ça ne se présentera pas deux fois ».

Ça a l’air de ne chiffonner personne de lui demander de quitter femme et enfants pour aller vivre à 500km et commencer dans à peine 15 jours dans un labo inconnu et pour un poste dont il ne sait même pas s’il est compétent.

Pire, certains chercheurs prennent même comme un affront personnel qu’il puisse hésiter. En tant que précaires, on n’a déjà quasiment aucun avenir dans la recherche.

C’est quel niveau de violence de tenir ce genre de discours où on nous dit encore une fois que si on voulait VRAIMENT un poste on accepterait tout, même de sacrifier sa vie de famille ?

On passe déjà notre temps à ça, à bosser les soirs et les week-ends et les vacances pour terminer des articles, des demandes de financements, préparer des cours. Et on continue à nous dire que finalement si on n’a pas de poste c’est qu’on ne le mérite pas vraiment

puisqu’on refuse les postes quand on nous les propose. On trouve encore à nous dire qu’on n’est pas si motivé que ça, car sinon on accepterait le 1er poste sans regarder en quoi consiste le poste ni même nous laisser assez de temps pour s’organiser. Je suis écœurée.